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Guy De Rougement, LA LIGNE SERPENTINE
KETABI BOURDET - 22, PASSAGE DAUPHINE 75006 PARIS, 5 March - 11 April 2026

Guy De Rougement, LA LIGNE SERPENTINE: KETABI BOURDET - 22, PASSAGE DAUPHINE 75006 PARIS

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Sans titre, 2005
Sans titre, 2005

La galerie Ketabi Bourdet a l'honneur d'annoncer La ligne Serpentine, sa deuxième exposition consacrée à Guy de Rougemont (1935-2021).

La galerie Ketabi Bourdet a l'honneur d'annoncer La ligne Serpentine, sa deuxième exposition consacrée à Guy de Rougemont (1935-2021). Après Guy de Rougemont, peintre avant tout en octobre 2024, qui proposait une rétrospective de la production peinte de l'artiste des années 1965 aux années 2000, cette nouvelle exposition, entre peinture et sculpture, met en lumière les œuvres de la série des Serpentines. Réalisées dans les années 2000, elles marquent un moment où la ligne et la couleur accèdent à une liberté renouvelée.

 

Un baroquisme retrouvé

 

La ligne serpentine apparaît tardivement dans l'œuvre de Rougemont, comme un retour aux inspirations curvilignes premières, autant que comme un accomplissement. Elle marque l'aboutissement d'un long cheminement à travers les différents états de la couleur, après plusieurs décennies de rigueur géométrique et de construction méthodique de l'espace. À la fin des des années 1990, cette ligne ondulante s'impose progressivement, venant assouplir les trames, infléchir les surfaces et libérer le geste, sans jamais rompre avec les recherches antérieures de l'artiste. Après l'ellipse, le cylindre, la surface tramée et les dé-tramés des années 1990, la serpentine ouvre un champ nouveau. À son contact, la couleur, jusque-là traitée en aplats francs, se nuance, se complexifie, se met à respirer. Ombre et lumière cessent de s'opposer frontalementpour dialoguer dans un mouvement continu, presque organique. La courbe devient le lieu d'une réconciliation profonde, entre la pensée et le sensible, entre la construction intellectuelle et l'intuition picturale, entre la rigueur et le plaisir de peindre. « Selon des enlacements lents ou rapides, ascendants ou faisant retour sur eux-mêmes, la ligne serpentine trouve sa couleur dans le mouvement de la lumière réelle, pour la perdre dans l'immobilité de la lumière figurée. Ces deux temps, ces deux états, sont les métaphores de l'esprit : entre l'agitation du monde extérieur et le recueillement de la méditation », souligne Rougemont.

 

Cette ligne serpentine est mouvement, tension interne, énergie vitale. Elle engage le regard dans une expérience mobile, sans point de vue unique, obligeant l'œil à suivre ses sinuosités, à circuler dans l'espace du tableau ou autour de la sculpture. Héritière de la linea serpentinata théorisée par les maîtres maniéristes italiens du XVIe siècle, Pontormo, Bronzino, Parmigianino, elle en partage la complexité et l'instabilité féconde, tout en s'en détachant résolument.

 

D'une serpentine à l'autre

 

L'apparition de la ligne serpentine se fait de manière progressive et nuancée. Entre 1999 et 2002, elle demeure fine, souple, en dialogue étroit avec les larges aplats colorés qui caractérisent les dé-tramés, et avec les « coups de lumière » développés dès les années 1980, qui traduisent une grande maîtrise des jeux de transparences et de translucidité développée par l'artiste. La ligne agit comme lien de passage, gracile et fluide, s'inscrivant dans un espace encore structuré, parfois segmenté, où elle se glisse, se superpose ou vient contredire la trame, sans l'abolir.

 

À partir de 2003, la serpentine s'affirme pleinement. Elle s'épaissit, devient plus ample, plus voluptueuse, investissant la surface avec une assurance nouvelle. Cette évolution n'est pas une rupture, mais un élargissement : la ligne conserve la mémoire des trames, renouant notamment avec les « lumières » des années 1980. La couleur, dense, capte et redistribue le flux lumineux, tandis que la courbe, désormais souveraine, organise la circulation du regard. Ces échos constants des formes soulignent la continuité profonde du langage plastique de Rougemont, fondé sur la variation et la transformation, plutôt que sur la succession de styles.

 

Usage tardif mais décisif, la ligne serpentine apparaît aujourd'hui comme la forme la plus juste pour exprimer ce qui traverse toute l'œuvre de Rougemont : une peinture de la durée, du mouvement et de la vie. « La ligne serpentine donne à s'exprimer les fantasmes de chacun : tourbillons de l'eau d'un torrent, volutes des nuages; plis d'une étoffe soyeuse, pampres de la vigne… La ligne serpentine est une ligne de vie, d'aventures », note Rougemont. À l'aube du nouveau siècle, l'artiste signait son retour à ses aspirations premières, là où l'abstraction, affranchie de toute contrainte, rejoint pleinement le vivant.

 

Julie Goy

 



 

 

Ketabi Bourdet gallery is honored to announce La ligne Serpentine, its second exhibition dedicated to Guy de Rougemont (1935-2021). Following Guy de Rougemont, peintre avant tout in October 2024, which offered a retrospective of the artist's painted production from 1965 to the 2000s, this new exhibition-sitting between painting and sculpture-highlights works from the Serpentines series. Produced in the 2000s, these works mark a moment where line and color achieve a renewed freedom.  

 

A Rediscovered Baroqueism
 
The serpentine line appears late in Rougemont's body of work, serving as both a return to his initial curvilinear inspirations and a final accomplishment. It marks the culmination of a long journey through the different states of color, following several decades of geometric rigor and the methodical construction of space. At the end of the 1990s, this undulating line gradually imposed itself, softening frameworks, bending surfaces, and liberating the gesture without ever breaking from the artist's previous research. Following the ellipse, the cylinder, the hatched surface, and the "de-hatched" (dé-tramés) works of the 1990s, the serpentine opens a new field. In its presence, color-previously treated in bold flat tints-becomes nuanced, complex, and begins to breathe. Light and shadow cease to oppose each other frontally, instead engaging in dialogue within a continuous, almost organic movement. The curve becomes the site of a profound reconciliation between thought and feeling, between intellectual construction and pictorial intuition, between rigor and the pleasure of painting. "According to slow or rapid entwinements, ascending or returning upon themselves, the serpentine line finds its color in the movement of real light, only to lose it in the immobility of figured light. These two tempos, these two states, are metaphors of the spirit: between the agitation of the outside world and the serenity of meditation," Rougemont emphasized.  
 
This serpentine line is movement, internal tension, and vital energy. It engages the gaze in a mobile experience without a single viewpoint, forcing the eye to follow its windings and circulate within the space of the painting or around the sculpture. An heir to the linea serpentinata theorized by the 16th-century Italian Mannerist masters-Pontormo, Bronzino, Parmigianino-it shares its complexity and fertile instability while resolutely standing apart from them.  
 

From One Serpentine to Another

 

The appearance of the serpentine line occurs in a progressive and nuanced manner. Between 1999 and 2002, it remains thin and supple, in close dialogue with the large flat areas of color characterizing the dé-tramés, and with the "flashes of light" developed since the 1980s, which reflect the artist's great mastery of transparency and translucency. The line acts as a slender and fluid link, fitting into a space that is still structured-sometimes segmented-where it slides, overlaps, or contradicts the framework without abolishing it.   From 2003 onwards, the serpentine asserts itself fully. It thickens, becomes broader and more voluptuous, taking over the surface with new confidence. This evolution is not a rupture but an expansion: the line retains the memory of the grids, notably reconnecting with the "lights" of the 1980s. The dense color captures and redistributes the luminous flux, while the curve, now sovereign, organizes the circulation of the gaze. These constant echoes of forms highlight the profound continuity of Rougemont's visual language, based on variation and transformation rather than a succession of styles.   A late but decisive usage, the serpentine line appears today as the most accurate form to express what runs through Rougemont's entire body of work: a painting of duration, movement, and life. "The serpentine line allows everyone's fantasies to find expression: the swirls of a mountain stream, the billows of clouds, the folds of a silky fabric, the vine branches... The serpentine line is a line of life, of adventures," noted Rougemont. At the dawn of the new century, the artist signaled a return to his earliest aspirations, where abstraction, freed from all constraints, fully reunites with the living.   

 

Julie Goy

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  • Sans titre
    Sans titre
  • Guy de Rougemont, Grande lumière, 2001
    Guy de Rougemont, Grande lumière, 2001
  • Guy de Rougemont, Sans titre (Serpentine), 2004
    Guy de Rougemont, Sans titre (Serpentine), 2004
  • Linea serpentinata
    Linea serpentinata
  • Guy de Rougemont, Sans titre, 2002
    Guy de Rougemont, Sans titre, 2002
  • Guy de Rougemont, Sans titre, 2002
    Guy de Rougemont, Sans titre, 2002
  • Guy de Rougemont, Sans titre, 2002
    Guy de Rougemont, Sans titre, 2002
  • Guy de Rougemont, Sans titre, 2004
    Guy de Rougemont, Sans titre, 2004
  • Guy de Rougemont, Sans titre, 2006
    Guy de Rougemont, Sans titre, 2006
  • Guy de Rougemont, Sans titre, 2001
    Guy de Rougemont, Sans titre, 2001
  • Guy de Rougemont, Sans titre, 2006
    Guy de Rougemont, Sans titre, 2006
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  • Guy de Rougemont, Sans titre (Serpentine) , 2004
    Guy de Rougemont, Sans titre (Serpentine) , 2004
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