Présentation
La Galerie Ketabi Bourdet est heureuse de consacrer une première exposition à l’artiste américaine Jo Fish.
Originaire du Michigan, Jo Fish vit aujourd’hui à New York où elle a bénéficié de plusieurs programmes de résidence. Son oeuvre, qui a fait l’objet d’expositions personnelles aux Etats-Unis (Detroit, Grand Rapids) mais également en Argentine (Buenos Aires) sera montrée pour la première fois en France à cette occasion, après une mise en lumière sur le stand de la galerie à Art Paris. Breaking Concrete rend compte de la production récente de l’artiste, qui se consacre à la peinture figurative, à travers un ensemble d’huiles sur toile et de dessins au pastel.
Si la représentation du corps et son langage est au coeur de son travail et s’entoure d’objets tout aussi concrets qu’insolites, la peinture de Jo Fish sait en même temps être son propre sujet. L'artiste mêle les éléments traditionnels du portrait (figure humaine, arrière-plan, détails symboliques) en une imagerie expérimentale qui brouille la forme, le fond et le propos de ses compositions. Ainsi, de même que la scène est prétexte au déploiement de multiples gestes et régimes de peinture, c’est l’élasticité du corps se prêtant à toutes les contorsions qui intéresse l’artiste, découlant de son passé d’athlète de haut niveau. Jo Fish trouve notamment son inspiration dans l’univers semi-abstrait de De Kooning, où les formes anthropomorphiques s’enchevêtrent avec un réseau sous-jacent de couches de peinture.
Le travail de l’artiste se rapporte ainsi au collage : les silhouettes imbriquées, désarticulées et littéralement rapiécées ont pour matière et origine ce mélange de styles. Traits vigoureux, aplats tout en transparence, dégradés, motifs, volumes géométriques, fondus chromatiques exacerbent les effets de contraste, en prenant soin de ménager des espaces de respiration. Cet éclatement pictural confère un caractère brut, primitif à ces personnages qui peut faire écho à la radicalité des sculptures peintes de Baselitz, quand les acrobaties du dessin et l’affranchissement des proportions renvoient plutôt au cubisme de Picasso (en particulier celui des « Baigneurs » auxquels les tenues aux allures sportives présentes dans les dessins font par ailleurs penser).A travers les zones de vide et de plein un agencement spatial peut être simplement et efficacement suggéré par quelques lignes de force ou surfaces colorées, jouant avec l’idée de perspective. Quelques détails font par ailleurs allusion à une pièce, un lieu ou un moment, avec une économie rafraichissante.
Le travail de l’artiste se rapporte ainsi au collage : les silhouettes imbriquées, désarticulées et littéralement rapiécées ont pour matière et origine ce mélange de styles. Traits vigoureux, aplats tout en transparence, dégradés, motifs, volumes géométriques, fondus chromatiques exacerbent les effets de contraste, en prenant soin de ménager des espaces de respiration. Cet éclatement pictural confère un caractère brut, primitif à ces personnages qui peut faire écho à la radicalité des sculptures peintes de Baselitz, quand les acrobaties du dessin et l’affranchissement des proportions renvoient plutôt au cubisme de Picasso (en particulier celui des « Baigneurs » auxquels les tenues aux allures sportives présentes dans les dessins font par ailleurs penser).A travers les zones de vide et de plein un agencement spatial peut être simplement et efficacement suggéré par quelques lignes de force ou surfaces colorées, jouant avec l’idée de perspective. Quelques détails font par ailleurs allusion à une pièce, un lieu ou un moment, avec une économie rafraichissante.
Aussi, il y a dans ces différences de traitement la volonté de contrôler davantage certaines zones de peinture, détaillées, travaillées, et d’en soumettre d’autres à un rendu aléatoire, vaporeux, gestuel. De même, derrière la précision des objets peints se cache le désir de laisser chacun s’approprier l’oeuvre à sa guise. Jo Fish s’inscrit ainsi dans la lignée du surréalisme dont elle tient son goût pour l’incongru, l’énigmatique et le symbolique. Notons : une pizza, l’étonnante récurrence d’un pot de fleurs, un ketchup, une banane, autant d’éléments banals et universels prenant place avec un naturel déconcertant.
Jo Fish révèle le potentiel athlétique des corps en même temps que celui de la peinture figurative, qu’elle maximise, tord et questionne. Son oeuvre est instruite de nombreuses références picturales qui, plutôt que de l’empeser, nourrissent son originalité.
E.Pion
E.Pion
Œuvres
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Jo Fish, Breaking Concrete, 2022 -
Flour Flower -
Francesca -
Jo Fish, Jackpot, 2023 -
Jo Fish, Pizza Party, 2022 -
Poker Face -
Jo Fish, Saburba I, 2022 -
Jo Fish, Saburba II, 2023 -
Jo Fish, The Death of a Tear, 2023 -
Jo Fish, The Grass Was Not Greener, 2023 -
Jo Fish, To the Bone, 2023 -
Jo Fish, Untitled, 2023 -
Jo Fish, Untitled, 2023 -
Jo Fish, Untitled, 2023 -
Jo Fish, Untitled, 2022 -
Jo Fish, Untitled, 2022 -
Jo Fish, Untitled, 2022 -
Untitled -
Jo Fish, Untitled, 2022 -
Untitled -
Jo Fish, Untitled (Yellow Couple), 2022
Vues de l'exposition
Vidéo

