Artiste française parmi les plus convoitées de sa génération.
Inès Longevial voit sa cote s'envoler au rythme d'expositions à travers le monde. Ses figures féminines, souveraines et baignées de couleurs, ont fait
sa signature. À partir du 22 octobre, c'est à Paris, à la galerie Ketabi Bourdet,
qu'elle dévoilera un nouveau chapitre de cette œuvre en pleme ascension.
Jeune femme au corsage rouge sur fond de végétation: c'est d'un jardin qu'Inès Longevial nous parle, mi-juillet. Elle est en vacances en Espagne, l'entretien s'opère par écrans interposés, qui composent comme un cadre. Elle-même est entrée dans le monde de l'art par la fenêtre. Née et grandie à Agen, cette fille de coiffeura émergé par Instagram, où ses dessins et ses peintures à l'huile colorées figurant des parties de corps puis des visages féminins, majoritairement des autoportraits) ont rapidement trouvé un écho. Aujourd'hui, à 35 ans, elle y compte quelque 360000 abonnés. C'est qu'entre-temps Inès Longevial a dépassé le possible épiphénomène dopé par des collaborations avee des marques en affirmant une sensibilité toute personnelle, entre hédonisme (couleurs addictives, aussi bien pop que romantiques, girly) et mystère regards insondables, corps citadelles, quasiment défiants). Ce travail, à la fois séduisant et surprenant, changeant comme un ciel d'orage, qui se double de dessins et de poèmes, ouvre une voie singulière. Entretien avec une frémissante et tête chercheuse incessante comme ses icônes.
HARPER SBAZAR: Quel est le thème de votre nouvelle exposition, qui aura lieu en octobre?
INÉS LONGEVAL: Elle va s'intituler In Your Pocket.
Je viens d'avoir un enfant et j'ai été un petit peu contrainte physiquement pendant la grossesse, or les grands formats demandent vraiment un effort. Donc j'ai fait beaucoup de petites toiles, que j'ai e assemblées, comme des puzzles. Cest une me que j'utilisais déjà et que j'ai développée. In Your Pocket, c'est l'idée de venir voir l'exposition et de repartiraver une petite peinture qui tient dans la poche.
HB: Avoir un enfant a-t-il changé quelque chose dans votre rapport à votre travail?
IL: J'ai constaté que chez moi la peinture dit les choses avant même qu'elles n'arrivent, elles les annoncent, et en regardant mes toiles de l'année dernière, je vois qu'un processus avait déjà commencé. A priori, je ne voulais pas d'enfant mais une forme de déclic a eu lieu et les toiles que j'ai peintes durant cette période parlent de ce changement. Par exemple,Skin of a Storm, l'exposition que j'ai faite en 2025 à New York, comportait beaucoup de grands portraits, très larges, de femmes aux visages retournés, comme en chute. Aujourd'hui, elles me font penser à l'accouchement, à certaines images qu'on peut avoir de ce moment. Et même psychologiquement, à cette espèce d'entre-deux dans lequel on est pendant ces heures-là.
HB: Etre artiste et mère s'avère done compatible, à rebours d'un cliché persistant?
IL: J'avais très peur que non. Peur que l'un efface l'autre. De ne pas avoir la place pour les deux, de ne pas pouvoir concilier les deux. D'être emmenée du côté de la norme, également. L'exemple de Claire Tabouret, qui en a deux et qui en parle, m'a beaucoup aidée. Et puis, j'ai de la chance de travailler avee mon compagnon, qui est musicien. Nous sommes un duo autour de ce bébé aussi et depuis sa naissance il y a trois mois et demi, j'ai déjà pu peindre, passer du temps à l'atelier Il y a du changement, néanmoins: je constate que dans le travail. je vais encore plus droit au but qu'avant. Désormais, je suis à la fois patiente dans mes temps de pause et hyperconcentrée dans mes temps de travail. (...)

