Inès Longevial, Before the sun sinks low
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Inès Longevial, Concrete Sky, 2020 -
Inès Longevial, Extra Love & Tiny Hate, 2020 -
Inès Longevial, I got your back, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 1, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 10, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 11, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 12, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 2, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 3, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 4, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 5, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 6, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 7, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 8, 2020 -
Inès Longevial, Magic Hour 9, 2020 -
Inès Longevial, Pearls and Snakes, 2020 -
Inès Longevial, The sun of Fire 1, 2020 -
Inès Longevial, The sun of Fire 2, 2020 -
Inès Longevial, Velvet Ground, 2020 -
Inès Longevial, Who wins ?, 2020 -
Inès Longevial, Kind girl, 2020 -
Liquid flame
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5 questions à Inès Longevial, artiste peintre
Eloïse Duguay, Femmes d'art, 18 Janvier 2021 -
Absorbing the rays of hope in Inès Longevial’s latest exhibition
Sofia Driouich, Sleek Magazine, 18 Janvier 2021 -
Inès Longevial's nude paintings celebrate the complexities of womanhood
Emma Russel, i-D Magazine, 19 Janvier 2021 -
Review: Fear and Contentment in Inès Longevial's New Show, "Before the sun sinks low"
Evan Pricco, Juxtapoz Magazine, 20 Janvier 2021 -
before the sun sinks low - Interview with Ines Longevial
Elizabeth Woolf, Schön!, 27 Janvier 2021 -
Interview with the French artist who paints femininity in all its facets
FRANCESCA MARANI, VOGUE, Italia, 11 Février 2021 -
Les toiles vivantes et songeuses d'Inès Longevial
Anne-Claire Meffre, Madame Figaro, 19 Février 2021 -
Finding freedom in color while in confinement
Katy Donoghue, Whitewall Magazine - Spring 2021, 6 Juillet 2021 -
Le visage est ce qui dit le plus de nous-même
Sophie Rosemont, Madame Figaro, 4 Octobre 2021
Pour sa première exposition, Ketabi Projects invite l’artiste Inès Longevial : Before the sun sinks low marque le début de leur collaboration et le retour de l’artiste avec une série d’oeuvres inédites.
Lumière de fin d’été, golden hour californienne, palettes saisonnières, souvenirs émus du Sud Ouest, ombres et infinies nuances de la réverbération du soleil sur la peau aux différentes heures de la journée constituent autant d’obsessions pour l’artiste, dont le rapport primordial à la peinture vient avant tout de la couleur.
Au cœur de ses portraits mélancoliques et solaires, emprunts d’une fantaisie candide, affleure un sentiment de vague à l’âme proprement contemporain, entre silence et tendresse, retour à l’enfance et absence à soi-même.
Née en 1990 à Agen, Inès Longevial se consacre dès le plus jeune âge au dessin. Ses premières émotions artistiques lui viennent des grands maîtres dont elle observe et reproduit avec une application scrupuleuse, entre 9 et 13 ans, les chefs d’oeuvres : Picasso, Van Gogh, Klimt et Modigliani, qui la marque profondément par ses yeux mystérieusement vides et pénétrés à la fois. Arrivée à Paris à l’âge de 23 ans et diplômée en arts appliqués, elle s’adonne alors à l’illustration, en même temps qu’elle développe son style pictural propre, marqué par des portraits où couleurs de peaux et origines s’entremêlent dans un patchwork ornemental. La figure féminine devient rapidement omniprésente dans son travail : s’il s’agit très souvent d’autoportraits, l’artiste reconnait aussi l’influence des femmes de son enfance et de son entourage, qu’elle étreint avec la plus grande douceur. Une manière de rendre hommage à leur force et à leur amour. Etape préalable à toute peinture, ses dessins, au trait griffonné, aux couleurs vives nettement délimitées en formes géométriques et aux nombreux motifs décoratifs peuvent évoquer la peinture mexicaine de fête : ses portraits deviennent le terrain d’une imagination envahissante, joyeuse et spontanée. Dans une gamme souvent plus délicate ou pastel, ses tableaux à l’huile témoignent du plein épanouissement de ses recherches et procurent à chacun le plaisir libre et immédiat de la peinture. Ils offrent des visages aux regards absorbés, paysages tout en courbes et en généreux aplats de couleurs qui rappellent nos livres de jeunesse et tendent, parfois, vers une abstraction purement chromatique. Certains détails de bouches, de mains, de seins et de baisers signent une inspiration pop, rappelant Wesselmann, et Inès Longevial reconnaît aussi l’influence indéniable du cubisme, elle qui a longuement regardé Picasso. Mais c’est avec Matisse qu’elle se sent le plus en communion : son incessante quête d’une intensité sensorielle à travers l’union du dessin et de la couleur représente pour elle la peinture dans sa plus grande plénitude et l’essence même de la vie – une émotion première qui tous les jours nourrit son œuvre.
Les grands formats de cette exposition restituent des gestes, des attitudes de la vie intime des corps, une atmosphère quotidienne saisie dans sa plus touchante expression : posture nonchalante de sortie de plage, femmes affectueusement enlacées, visage pensif au creux d’une main rattrapé par une ombre bleutée. Autant de scènes où les couleurs apparaissent plus diffuses qu’auparavant, plus fondues. Un brin surréaliste, cette série récente de pieds qui caressent, ou écrasent? des visages (Velvet Ground & Concrete Sky). L’artiste joue sur l’ambiguïté de son message et l’association des extrémités, qui est aussi l’association des contraires : avec une grande délicatesse elle dépeint en réalité une violence sourde, le sentiment de se faire marcher dessus et l’envie de vengeance qu’il génère. Certains symboles énigmatiques, égarés ici et là, insufflent par ailleurs une dimension métaphorique à ces œuvres. A l’origine, papillon, escargot ou fleur fonctionnent pour l’artiste comme des motifs d’appel lui permettant d’entrer dans la teneur de son tableau, d’en déterminer la palette, la ligne, l’univers. Cette intrusion d’une forme de merveilleux se retrouve à plus large échelle dans un diptyque (The Fairies, Pearls and Snakes), qui illustrent le conte de Charles Perrault intitulé Les Fées : serpents ou perles prennent une place cette fois centrale dans la composition.
Inès Longevial présente également une série de douze petits formats incandescents (Magic Hour), portraits en plans très resserrés ou détails de visages qui témoignent de son désir de peintre de se rapprocher au plus près de ses modèles, de rendre palpable la moindre nuance, la moindre vibration qui animent ces parcelles de peaux dorées ou rougies par le soleil. De plus en plus, l’artiste s’approprie en effet ses sujets en zoomant, en recadrant, par la partie plutôt et que par le tout, et c’est à travers ces portraits d’amies et de proches que se manifestent le plus son souci de coloriste, son acuité de peintre à l’égard du monde visible.
Avec une sensibilité à fleur de peau, située quelque part entre l’enfance, l’illustration, la couleur et la lumière, Inès Longevial brosse avec une simplicité désarmante et poétique le portrait d’une jeunesse qui a reconnu en elle une égérie, recouvrant, sous ses allures séduisantes, une forme de spleen générationnel.
« La couleur me possède. Je n’ai pas à poursuivre. Elle me possèdera toujours, je le sais. C’est le sens de cette happy hour : la couleur et moi ne faisons qu’un. Je suis peintre. »
Paul Klee
E. Keyl

