À l’heure de la relève !

Art market next generation
Martine Robert, Connaissance des Arts avec Les Echos, 15 Octobre 2026
 

Ils ont aujourd'hui entre 25 et 45 ans.

Les galeristes, antiquaires, commissaires-priseurs, experts, courtiers ou conseillers en art de la nouvelle génération s'émancipent par une approche plus collaborative, décloisonnée et technologique de leur métier. Ils se montrent décomplexés par rapport à leurs aînés, même s'ils reconnaissent que ces derniers leur ont beaucoup appris.

 

Un vent de jeunesse souffle sur le monde du marché de l’art. À respectivement 34 ans et 33 ans, Charlotte Ketabi et Paul Bourdet ont ouvert ensemble la galerie Ketabi Bourdet. Ayant appris leur métier auprès de galeristes très réputés — Nathalie Obadia pour l’art contemporain et François Laffanour pour le design —, les deux associés estiment avoir hérité de leurs mentors la rigueur, le rapport au temps long, l’attention portée à la qualité des œuvres et aux collectionneurs.

Pour autant, des différences les singularisent de leurs aînés. « La principale tient à une plus grande fluidité entre les professionnels de notre génération, avec davantage d’échanges, d’entraide et moins de concurrence frontale, chaque galerie défendant avant tout une sensibilité et un corpus d’artistes qui lui sont propres. Et nous avons grandi avec une vision beaucoup plus transversale entre art, design, architecture, musique, mode ou performances», souligne Charlotte Ketabi.

L’approche étant collaborative, décloisonnée et moins hiérarchique, les frontières entre marché primaire et secondaire, entre design, art ancien, moderne, contemporain ou arts décoratifs, sont beaucoup plus poreuses. «De jeunes galeristes mixent des artistes émergents, très confirmés, ou passés inaperçus, opérant un “repêchage” dans une histoire de l’art revisitée», note Katia Raymondaud, art advisor, ex-directrice pédagogique de l’EAC, école de la culture, du marché de l’art et du luxe.

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