Ketabi Bourdet est heureuse de présenter World on Paper, la troisième exposition d’Inès Longevial avec la galerie et la première entièrement consacrée aux œuvres sur papier de l’artiste.
Le génie de l’artiste réside dans sa capacité à nous prêter ses yeux. Inès Longevial ne déroge pas à ce principe en nous révélant, le temps d’une visite, les facettes, les vibrations colorées et les racines des âmes qui peuplent son univers.
World on Paper se distingue des précédentes expositions en ce qu’elle présente pour la première fois des dessins sur papier, refuges personnels de la peintre qui nourrissent ses tableaux. Cette pratique régulière et secrète se libère de tout compromis dans ses choix chromatiques, permettant un traitement presque fauve du pastel et du crayon de couleur. Les gestes de l’artiste se livrent à une danse libératrice pour donner naissance à un travail plus poreux et instinctif.
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Inès Longevial, Greendead, 2022 -
Inès Longevial, Oat Milk Tears, 2021 -
Inès Longevial, Velvet Ari, 2022 -
Inès Longevial, Domino D, 2021 -
Inès Longevial, 3 parts of Imperio, 2022 -
Inès Longevial, 3 parts of Stupefy, 2022 -
Inès Longevial, 4 parts of Pink and Blue Hair, 2022 -
Inès Longevial, Acne, 2021 -
Inès Longevial, Babe, 2021 -
Inès Longevial, Blowing, 2022 -
Inès Longevial, Diarra 1, 2022 -
Inès Longevial, Diarra 2, 2022 -
Inès Longevial, Djeneba Butterfly 1, 2022 -
Inès Longevial, Djeneba Butterfly 2, 2021 -
Inès Longevial, Magic Tears 1, 2021 -
Inès Longevial, Magic Tears 2, 2021 -
Inès Longevial, Rex, 2021 -
Inès Longevial, Warrior Ari, 2022 -
Strategic Life Game
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Inès Longevial : la peinture à bras-le-coeur
Inès Boittiaux, Beaux Arts, 14 Avril 2022 This link opens in a new tab. -
Speaking to Inès Longevial on "World on Paper"
Nayeun Kim, Sleek, 21 Avril 2022 This link opens in a new tab. -
Inès Longevial présente des autoportraits sur papier
Marine Mimouni, IDEAT, 25 Avril 2022 This link opens in a new tab. -
La galaxie de la peintre Inès Longevial
Sophie Bouchet, Milk Decoration, 25 Avril 2022 This link opens in a new tab.
World on Paper — les peaux qu’elle habite
« La langue est une peau : je frotte ma langue contre l’autre. »
Roland Barthes, 1977 — Fragments d’un discours amoureux
Ketabi Projects est heureuse de présenter World on Paper, la troisième exposition d’Inès Longevial avec la galerie et la première entièrement consacrée aux œuvres sur papier de l’artiste. Le génie de l’artiste réside dans sa capacité à nous prêter ses yeux. Inès Longevial ne déroge pas à ce principe en nous révélant, le temps d’une visite, les facettes, les vibrations colorées et les racines des âmes qui peuplent son univers.
World on Paper se distingue des précédentes expositions en ce qu’elle présente pour la première fois des dessins sur papier, refuges personnels de la peintre qui nourrissent ses tableaux. Cette pratique régulière et secrète se libère de tout compromis dans ses choix chromatiques, permettant un traitement presque fauve du pastel et du crayon de couleur. Les gestes de l’artiste se livrent à une danse libératrice pour donner naissance à un travail plus poreux et instinctif.
Pour cette exposition, certains petits formats sont assemblés pour former un ensemble, une sorte de patchwork tissant et reliant des fragments de portraits. Ces compositions sur plusieurs feuilles, que nous appellerons « femmes-puzzles », semblent pouvoir changer de visage à la moindre occasion, comme si la caresse de nos déambulations pouvait directement les influencer. Le papier est si fin qu’il semble pouvoir se coller contre notre corps et c’est précisément de cela qu’il est question ici : une chronique des peaux que l’artiste habite. Sur fond d’un univers à la Pedro Almodóvar, ses peaux brillent des souvenirs qu’elles renferment et des saisons qui se succèdent. Les couleurs transparaissent à travers les humeurs, comme si l’épiderme conservait en lui la mémoire de ses états.
Ces forêts de visages nous donnent le vertige, jusqu’à nous faire oublier le fond vide. Seule compte la présence d’une rencontre qui se déroule sous les auspices protecteurs des papillons et des serpents. On peut également entrevoir l’idée d’une métamorphose à venir qui s’annonce ici : l’une mue, l’autre émerge de sa chrysalide. Ces totems semblent chargés d’une pensée magique et révèlent le pouvoir enfoui de cette Inès aux multiples reflets. L’approche est frontale. Cette exposition semble rendre les figures plus fortes : elles ont conscience de leurs formes, de leurs contours et surtout de leurs pouvoirs. Le regard est résolument féminin. Le corps n’est pas sexualisé, il est simplement ancré dans le présent et déterminé à rayonner au-delà des rôles que la société voudrait lui attribuer.
Au-delà de ces symboles, le travail d’Inès Longevial convoque également notre esprit enfantin, ou du moins cet instinct naïf et poétique qui s’estompe parfois avec le passage à l’âge adulte. Avec elle, et à travers ses yeux, le pastel devient crème, huile, pour se transformer en une glace qui aurait le délicieux goût des vacances. « J’ai l’impression de me retenir de la manger, de me l’étaler dessus, je pense que si j’allais au-delà d’un certain degré de folie, j’irais jusque-là. » (Inès Longevial)
Elise Roche
Née en 1990 à Agen, Inès Longevial travaille le dessin et la peinture en résonance avec des impressions, des sentiments et des sensations dont elle extrait naturellement sa palette. L’artiste aborde ses souvenirs en couleur et donne forme à des visages candides et absorbés, porteurs de la nostalgie des saisons, des couchers de soleil, des nuances de lumière et des caresses. Cette année, Inès bénéficiera d’un riche programme d’expositions personnelles dans des institutions françaises et internationales telles que la FIAF à New York, le Musée des Beaux-Arts d’Agen (France) ou encore le Korean Museum of Contemporary Art (KMCA) à Séoul.

